RH 2026 : les six réformes

que les dirigeants de TPE/PME ne peuvent plus ignorer
RH 2026 : les six réformes que les dirigeants de TPE/PME ne peuvent plus ignorer — FOXY RH

Six réformes RH changent la donne en 2026. Trois sont déjà en vigueur. Vous ne le savez peut-être pas encore.

2026 est une année de bascule réglementaire pour les RH. Pas une vague de réformes lointaines à anticiper "un jour" — des textes qui s'appliquent déjà, ou qui s'appliqueront dans les prochains mois, avec des conséquences budgétaires et organisationnelles directes.

Le problème, ce n'est pas l'absence d'information. C'est sa dispersion. Décrets, LFSS, lois transposées, calendriers d'application décalés : chaque texte vit dans son silo juridique, et personne en dehors d'un service RH dédié n'a le temps de les recouper.

Voici les six textes qui changent concrètement la gestion RH en 2026 — avec, pour chacun, ce qui est déjà actif, ce qui arrive, et ce que ça change pour votre budget ou votre organisation.

Déjà en vigueur
À venir en 2026
En suspens / à anticiper
01

Ce qui est déjà en vigueur — et qui coûte déjà de l'argent

Rupture conventionnelle : +33 % de coût employeur

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026

La contribution patronale spécifique sur l'indemnité de rupture conventionnelle est passée de 30 % à 40 %. Cette mesure, inscrite dans la LFSS 2026, vise explicitement à limiter le recours systématique à ce mode de rupture.

+2 000€ de surcoût employeur pour une indemnité exonérée de 20 000 € : la contribution passe de 6 000 € à 8 000 €, pour une rupture strictement identique.

Conséquence directe : toute négociation de départ doit désormais intégrer ce surcoût dans l'arbitrage entre rupture conventionnelle et licenciement.

Travail dissimulé : sanctions alourdies

Depuis le 1ᵉʳ juin 2026

Pour toute procédure de contrôle URSSAF engagée à partir de cette date, la majoration des cotisations redressées passe de 25 % à 35 % en cas général, et jusqu'à 50 % en cas aggravé (récidive, emploi d'un mineur).

Ce n'est pas un texte qui concerne uniquement les entreprises peu scrupuleuses : une erreur de déclaration, un statut de sous-traitant mal qualifié, une confusion entre stage et salariat suffisent à déclencher un redressement à ce nouveau taux.

Entretien de mi-carrière obligatoire

Mise en conformité au 1ᵉʳ octobre 2026

La loi Seniors du 24 octobre 2025 crée deux entretiens spécifiques : à 45 ans (mi-carrière, dans les deux mois suivant la visite médicale dédiée) et entre 58 et 60 ans (fin de carrière).

Si votre entreprise dispose d'un accord collectif sur les entretiens professionnels, il doit être renégocié avant le 1ᵉʳ octobre 2026 — au-delà, les règles légales s'appliquent automatiquement et rendent l'accord existant caduc.

02

Ce qui arrive dans les prochains mois — à préparer maintenant

Arrêts maladie : plafonnement des prescriptions

1ᵉʳ septembre 2026

Les décrets du 12 juin 2026 fixent un plafond de 31 jours pour une première prescription et 62 jours pour une prolongation — contre une liberté de prescription totale aujourd'hui. Le médecin pourra déroger en justifiant médicalement la nécessité d'une durée plus longue.

Point de vigilance : la ministre du Travail a évoqué en janvier 2026 une possible suspension de la mesure suite à la mobilisation des médecins libéraux — la trajectoire reste donc à confirmer d'ici l'échéance.

Congé de naissance supplémentaire

Accessible au 1ᵉʳ juillet 2026

Chaque parent pourra bénéficier d'un à deux mois de congé indemnisé supplémentaire, fractionnable en deux périodes d'un mois, pris simultanément ou en alternance avec l'autre parent.

70%/60% d'indemnisation du salaire net — 70 % le premier mois, 60 % le second — plafonnée à la Sécurité sociale.

Ce congé s'ajoute aux congés maternité, paternité et adoption existants — il ne les remplace pas. Pour les TPE/PME, l'enjeu est organisationnel : anticiper des absences combinées plus longues sur les postes concernés.

03

Ce qui est encore en suspens — mais qu'il faut déjà anticiper

Transparence salariale : l'échéance européenne ne sera pas tenue

Entrée en vigueur visée au 1ᵉʳ janvier 2028

Contrairement à ce qu'annoncent encore certains contenus RH publiés début 2026, la directive 2023/970 ne sera pas transposée à temps par la France. Le projet de loi a été transmis au Conseil d'État en juin 2026, avec un objectif de vote avant la fin de l'année.

Ce retard ne doit pas être interprété comme une fenêtre de tranquillité. Les grandes orientations du texte sont connues et structureront vos obligations dès leur entrée en vigueur.

Affichage d'une fourchette de salaire dans les offres d'emploi, interdiction de demander l'historique salarial, droit des salariés à l'information sur les rémunérations moyennes, justification obligatoire des écarts supérieurs à 5 %, et inversion de la charge de la preuve en cas de litige — c'est l'employeur qui devra démontrer l'absence de discrimination, pas le salarié qui devra la prouver.

Conseil employeur

Les entreprises qui anticipent dès maintenant — révision des grilles de classification, documentation des critères de rémunération — seront en position de force quand le texte entrera en vigueur. Celles qui attendent la version finale du texte perdent un temps qu'elles ne pourront pas rattraper en quelques mois.

Ces six textes n'ont rien en commun sur le papier — ruptures, arrêts maladie, congés, salaires, fraude, carrières. Ce qu'ils partagent, c'est leur capacité à transformer un dossier RH mal anticipé en risque financier ou contentieux concret.

Aucune TPE/PME n'a vocation à suivre seule l'actualité réglementaire RH au jour le jour. C'est précisément le rôle d'un accompagnement structuré : transformer la complexité juridique en décisions opérationnelles claires.

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